Fly me to the moon…
Les décennies passent, et l’engouement pour l’espace reste le même … mais auprès d’une population qui semble de plus en plus se restreindre. peut-être est-ce une illusion d’optique, un biais lié à mon propre environnement. Mais j’ai le sentiment que la dernière mission spatiale dénommée Artemis, qui a permis à quatre astronautes de faire un aller/retour autour de la Lune, a provoqué moins d’enthousiasme qu’un match de football de Champion’s league. C’est tout juste si les médias nationaux lui ont consacré une couverture acceptable, reléguant le sujet au fin fond des journaux télévisés.
Peut-être que l’exploit consistant à envoyer ces quatre passagers faire un tour dans l’espace semble, aux yeux de mes contemporains, moins impressionnant qu’envoyer deux hommes marcher sur la Lune, comme ce fut le cas il y a presque soixante ans, mais il n’en est rien. Chaque expédition spatiale qui inaugure une nouvelle voie comporte une part de risque indéniable, qui confère à ses acteurs un statut historique. Et pourtant, qui est capable de citer les noms de ces quatre astronautes ?
Alors je vous aide : il s’agit de Reid Wiseman, Victor Glover, Jeremy Hansen et Christina Koch. Trois d’entre eux (Wiseman, Glover et Koch) sont américains, et ont déjà une solide expérience à bord de l’ISS. Le dernier (Hansen) est canadien.

Mine de rien, ces quatre là sont partis plus loin que n’importe quel humain sur Terre, plus loin que les malheureux membres de la mission Apollo 13 – le nouveau record s’établit à 406 771km. Ils sont passés derrière la Lune, assistant à une éclipse de soleil d’une beauté incroyable, et ont pu réaliser des clichés bien plus précis de la face cachée que ce qui existait jusqu’à présent.

Alors certes, vous pourriez répondre qu’il n’était pas nécessaire d’envoyer quatre individus prendre de tels risques pour faire de telles photos, mais là n’est pas le sujet. Le sujet, c’est le retour de la conquête spatiale, à la sauce américaine. Le sujet, c’est la possibilité de réfléchir, de nouveau, au projet humain, à sa place dans l’univers, tout autant qu’à l’acquisition de nouveaux savoirs, à la naissance de nouveaux espoirs, et à la possibilité d’intéresser de nouveau tout une génération aux grands défis spatiaux qui nous attendent.
Mais de tout cela, les médias nationaux n’ont pas trop voulu se préoccuper, préférant accorder la majeure partie de leurs journaux à la hausse du prix de l’essence en raison du conflit en Iran, ou aux dernières déclarations plus ou moins loufoques d’un Donald Trump dont on connaît suffisamment le talent de showman pour savoir qu’il faut parfois passer à autre chose. À mois que l’antiaméricanisme un peu primaire qui sévit de nos jours en France n’ait eu un tel impact sur la classe des journalistes nationaux, qu’ils ont préféré bouder
Fort heureusement, on peut aller faire un tour sur le site de la NASA pour en savoir un peu plus sur la mission, son déroulement et contempler quelques uns des magnifiques clichés pris pendant la mission.
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec















