Dolores
Dans la catégorie des spectacles étranges, Dolores tient probablement une place à part. Entre pièce de théâtre et drame musical, Dolores raconte la vie de Sylvin Rubinstein. Né en 1917 avec sa soeur jumelle Maria d’une danseuse juive polonaise séduite par un aristocrate russe, il est formé à la danse classique, avec sa soeur. Tous deux deviennent ensuite des artistes de cabarets, se produisant lors de spectacles de cabaret qui leur vaut une certaine popularité dans l’entre deux guerres. Ils se trouvent à Berlin lors de la prise de pouvoir par Hitler, et partent se réfugier en Pologne, jusqu’au déclenchement des hostilités. Pris dans la nasse du ghetto, ils parviennent à s’en échapper, et c’est là que leurs destins divergent. Maria rejoint sa mère, et toutes deux sont par la suite assassinées à Treblinka.
Sylvin apprend la nouvelle par un officier allemand antinazi, qui l’a pris sous son aile, et l’intègre dans un réseau de résistance polonais où Sylvin participe à de petites opérations. Fou de chagrin, il décide de se venger, et c’est en se travestissant qu’il opère désormais seul, réalisant quelques attentats ou éliminant quelques officiers allemands.
Après guerre, Rubinstein reprend son métier de danseur de flamenco et se produit comme « transformiste », jouant un rôle de précurseur dans l’univers des travestis. Mais cet univers de spectacles extravagants finit peu à peu par sombrer vers la vulgarité, et Rubinstein raccroche les castagnettes. Il s’est éteint en 2014.
Le spectacle produit au théâtre de La Bruyère est de qualité, et les acteurs parviennent parfaitement à reproduire cet univers de tension, de haine et de fulgurances.
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec

















