Avec le temps…

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Samedi soir dernier, sortie de chabbat. j’allume un peu mécaniquement i24NEWS pour avoir des nouvelles de ce qui se passe là-bas. J’y ai de la famille proche, je veux m’informer, comme tout individu concerné de près ou de loin. Et je tombe sur un étrange direct.

Deux reporters de i24NEWS, l’un au micro, l’autre portant une caméra, filment et commentent un étrange défilé. Des individus lambda, en jogging, promenant leut chien ou portant un sac de courses, et qui descendent tous dans la même station de métro. Une station d’où personne ne sort. La scène dure quelques minutes, personne n’est sorti entre temps, et nos deux journalistes descendent à leur tour dans cette station, filmant les individus qui se rangent le long des murs, s’assoient là où ils le peuvent, en attendant patiemment la fin de l’alerte.

Puis tout le monde ressort, dans le calme.

Une alerte, comme une autre ? Comme les dizaines d’autres qui se succèdent depuis une dizaine de jours. Bizarrement, cette scène m’a fait penser à une autre scène, trente cinq années plus tôt, dans les locaux de CNN, en pleine guerre du Golfe (celle que les journalistes appellent la première mais que j’ai tendance à appeler la seconde, réservant au conflit Iran-Irak le privilège de la primauté). Sur CNN, un vendredi soir, un inconnu d’une quarantaine d’années est en plein direct sur CNN lorsque l’interview est interrompue par une sirène : une attaque de SCUD irakiens. Moment de tension, les visages sont crispés, tout le monde sait alors que des armes chimiques ont été employées durant le conflit qui opposait l’Iran à l’Irak, et que les masques distribués avant la fin de l’ultimatum de janvier 1991 n’étaient pas là que pour la décoration.

Je n’ai hélas pas retrouvé cet extrait sur le web, ni dans les archives de CNN, sinon je l’aurais partagé dans cet article, car on y découvrait une future star de la politique israélienne : ce jeune inconnu, c’était (déjà) Binyamin Netanyahou. Un coup de projecteur immense, pour un politique qui avait pris conscience bien plus tôt que les autres du pouvoir des images.

Mais revenons à nos moutons. Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre cette frappe de SCUD en 1991, et cette attaque de missiles balistiques iraniens. L’angoisse et le stress de la première, l’apparente monotonie de la seconde.

On s’habitue à tout, même aux situations les plus difficiles, les plus dangereuses ou les plus grotesques. Affaire de patience, de préparation et de mental, me direz-vous.

Affaire de résignation aussi.

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