Municipales 2026
Les élections municipales de 2026 représentent une étape importante de la vie politique française. Ce sont en effet les dernières grandes élections avant la prochaine présidentielle. Les grandes tendances comme l’abstention, les accords explicites ou non, les scores obtenus dans les grandes villes et en province, tout cela permet aux commentateurs ou aux instituts de sondage de se faire une idée de ce qui se passera l’an prochain, et de qui sera susceptible de gouverner la France pendant les cinq années qui suivront.
Et que disent ces grandes tendances ? Je ne suis pas un spécialiste de politique française, mais j’ai le sentiment que les grands gagnants hier, ce sont les deux extrêmes, LFI et RN. LFI n’a certes pas les moyens de s’imposer dans une grande ville, mais il a les moyens de sa politique détestable depuis de nombreuses années : faire pression sur les autres partis de gauche pour représenter un risque de perdre le scrutin. LFI est en quelque sorte le faiseur de rois de la gauche, et c’est ce qui explique sans doute les alliances répétées avec d’autres partis a priori plus respectables, depuis plusieurs années. La soupe est bonne, une fois qu’on est élu, alors pourquoi ne pas accepter la main tendue par le parti dont le leader tenait quelques jours plus tôt des propos indignes ?
C’est d’autant plus triste que ces partis dits respectables – comme le PS ou les écolos de jadis – étaient les premiers à s’indigner au premier dérapage de Jean-Marie Le Pen. Mais autres temps, autres moeurs, les calembours antisémites de Mélenchon ne provoquent pas les mêmes réactions, et l’on ferme rapidement les yeux sur les immondices déversés par les élus LFI depuis plusieurs mois, quand on se retrouve en ballotage défavorable.
Quant au RN, il poursuit sa patiente conquête de la France. Son représentant pourrait peut-être l’emporter à Marseille, ce qui serait une première victoire dans une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants en France. Partout ailleurs, le RN réalise des scores plus qu’honorables, et confirme son statut de premier parti de France si ce n’est par les élus, du moins par le nombre de suffrages exprimés en sa faveur.
La conclusion qui s’impose, à ce stade, c’est que la présidentielle de 2027 aboutira à un second tour LFI RN, si les partis traditionnels sont incapables de se présenter derrière un candidat unique. Or le PS souffre depuis plusieurs années d’une dislocation de son leadership, avec un premier secrétaire fantomatique, et d’autres leaders incapables de tenir leurs troupes face aux sirènes de l’extrême-gauche. Quand aux Républicains, la cacophonie qui règne en son sein n’augure rien de bon. La candidate parisienne n’a pas su contenir la (petite) vague Knafo (la vie en jaune), et cette dernière, avec 10,4% des votes, se maintient au second tour et fera coûtera sans doute à Rachida Dati son rêve municipal…
Pour moi, les jeux sont faits. Et sauf surprise majeure – dont on aurait tort de se réjouir à l’avance – le RN remportera la prochaine élection présidentielle.
À chacun d’en tirer les conclusions qu’il souhaite en tirer.
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec















