Interdire les réseaux sociaux aux jeunes ?

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Les réseaux sociaux, c’est comme les couteaux : utiles quand on s’en sert de manière appropriée, mais extrêmement nocifs quand on les utilise à tort et à travers. Vous objecterez peut-être qu’on utilise moins souvent un couteau qu’un réseau social, et je vous répondrai que cela dépend des époques, et qu’à l’époque où notre temps n’était pas accaparé par les téléphones et les réseaux sociaux, on utilisait probablement un peu plus souvent les couteaux : pour couper des carottes, dépecer un lapin ou tailler un morceau de bois.

Tout est question d’époque, d’usage, et de mesure. Je me souviens d’un temps, il n’y a pas si longtemps, une vingtaine d’années tout au plus, où les réseaux sociaux étaient encore peu répandus, tout comme les smartphones, et où il était rare de voir tout une rame de métro swiper pour passer le temps – un temps mort, qui comme son nom l’indique, n’est a priori pas productif. Que voulez-vous, le métro ne vous incite pas à être très productif. Il n’est donc pas si étonnant de voir des centaines de milliers de gens sagement faire défiler leur flux tiktok, snapchat, facebook, X (ex Twitter) ou tout autre outil conçu pour passer le temps – pardon, pour consommer du temps de cerveau disponible, comme disait feu Patrick le Lay.

Le problème, ce sont les usages, les clivages, les prises de tête en ligne, les harcèlements, les influenceurs à deux balles et tout l’univers qui est venu se greffer autour d’un truc qui, avant l’apparition de ces fameux tiktok, snapchat, facebook, X (ex Twitter, ha ha, quelle lourdeur cette référence à l’ancien nom…) et autres servait surtout à dialoguer autour d’un centre d’intérêt commun. Cela s’appelait encore des forums, des newsgroup ou portait un nom aujourd’hui dépassé, et surtout, cela n’était pas propulsé par des sociétés aux capitalisations astronomiques qui ne sont que des boîtes de pub sur des supports technologiques.

Bref, je reste convaincu qu’on peut encore avoir un usage positif des réseaux sociaux. Mais que pour cela, comm epour les couteaux, l’automobile ou le parapente, il faut se former, ou former ceux qui vont se lancer pour la première fois. L’éducation est la base du savoir-vivre, du savoir-faire, du savoir-être, bref, de tous les savoirs.

Interdire les réseaux sociaux, c’est renoncer à l’éducation.

Et à mon humble avis, c’est ce qu’il y a de plus grave …

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