Premiers pas avec Claude
Au cas où vous n’en auriez pas encore entendu parler, Claude est le LLM distribué par Anthropic, une boîte créée par des anciens d’OpenAI. Fondamentalement, je ne m’y connais pas suffisamment en IA pour vous détailler les subtilités entre ChatGPT et Claude. Mais comme de récents articles autour des capacités de Claude ont fait bouillir la marmite Internet, je me suis dit qu’il était de mon devoir de jouer un peu avec cet outil. Voici donc un rapide compte-rendu d’un peu plus de 72 heures avec Claude.
Fondamentalement, Claude se présente comme ChatGPT : une interface de dialogue un peu désuète mais qui fait le job, comme on dit, avec un mode d’affichage spécial, qui permet l’affichage du code généré ou des résultats de l’exécution du même code dans la partie droite de la fenêtre (sur un navigateur web); un client qu’on peut installer sur son Mac (comme pour ChatGPT); et un client en mode texte, qu’on peut installer et invoquer via une ligne de commande pour développer des applications (l’équivalent de Codex d’OpenAI, dont j’ai récemment parlé).
L’interface texte fait un peu penser à un minitel avec son interface en mode TTY (téléscripteur). C’est assez déconcertant au début, d’autant plus que Claude Code demande une validation de sa propre interprétation de tout ce qu’on peut lui demander, contrairement à Codex qui ingère nos demandes et se débrouille tout seul. Déconcertant, mais finalement pas si bête, puisqu’on peut ainsi naviguer sur différentes pistes et mieux orienter l’outil entre nos mains.

Durant ces trois derniers jours, je me suis lancé sur trois projets avec Claude Code. Chacun m’a demandé environ deux heures de travail – pas beaucoup plus, car j’ai rapidement atteint la limite accordée par l’abonnement que j’ai choisi (200€ par an, équivalent du 20€/mois avec discount pour un paiement annuel). C’est tout aussi déconcertant que l’interface TTY, car avec Codex, je n’ai jamais atteint de limite, l’outil passant de lui-même en mode dégradé, avec un abonnement pour le même montant). De fait, j’ai donc basculé un des projets – le second – de Claude à Codex, pour pouvoir continuer à travailler, ce qui s’est passé sans problème, puis je suis revenu sur Claude une fois que j’avais rechargé mes crédits, là encore sans problème.
Pour les projets, j’ai choisi des sujets simples : un premier projet de scraping de site web, développé en un rien de temps, tout en faisant évoluer le format de sortie, au fur et à mesure que je testais le logiciel généré – en Python – sur de véritables sites. Pas de limite atteinte, un vrai petit bonheur.
Pour le second projet, j’ai changé de braquet et suis passé à un site web en PHP pour gérer un annuaire en ligne, pour le compte d’une association, avec gestion des inscriptions et génération automatique d’une version PDF pour les membres qui préfèrent consulter un fichier ou l’imprimer, plutôt que de se connecter au site. Là encore, j’ai pu développer très rapidement une première version puis faire évoluer les spécifications au fil du temps. Mais je me suis retrouvé à bout de crédits en raison d’une bête erreur d’architecture, en lui transmettant une image HD pour la couverture du dit annuaire. Bien évidemment, il fallait plutôt gérer des paramètres au niveau site et transmettre cette image comme un paramètre applicatif, ce qui aurait évité de consommer des tokens inutilement, ce que j’ai immédiatement pu faire en basculant sur Codex. Je suis ensuite revenu sur Codex pour finaliser certaines fonctionnalités.
Pour le troisième projet, je suis passé à quelque chose de beaucoup plus ambitieux : un logiciel de gestion d’établissement scolaire, avec plusieurs classes, plusieurs enseignements, plusieurs professeurs bien entendu, la gestion des élèves, des bulletins, des périodes scolaires, etc. Je ne suis pas encore arrivé au bout du produit, mais au terme de deux heures de travail, je dispose d’un outil assez remarquable, écrit en PHP/MySQL – donc parfaitement standard – qui me permet déjà de créer différents types de comptes utilisateurs dotés de rôles différents, d’importer des fichiers CSV d’élèves avec parents responsables, d’attribuer des notes, de produire des carnets de notes, des moyennes et des bulletins, bref un outil hyper pratique pour tout responsable d’établissement, et qui remplacerait sans aucun problème l‘outil open source mais non maintenu, utilisé dans un établissement que j’assiste sur ses outils informatiques.
Bien entendu, cela fonctionne en vibe coding, mais je peux à tout moment prendre la main sur une partie du code, même si je n’y vois pas d’intérêts. Cela ne fonctionne pas toujours du premier coup, et il faut tester et tester de nouveau chaque ajout de fonctionnalité, mais voici le résultat au bout d’une demi-douzaine de prompts. Bien entendu, tout cela fonctionne en mode responsive…

Je ne crois pas qu’il soit possible de développer un tel outil en un laps de temps aussi court. J’étais moi-même vraiment surpris, je pensais qu’il me faudrait deux ou trois soirées de plus pour aboutir à un premier résultat qui tienne la route.
La rapidité, la fluidité, la capacité de concrétiser la moindre idée de logiciel, voilà ce dont ont pu rêver des millions de développeurs ou de responsables innovation de par le monde. La révolution en cours est d’un ordre bien différent de ce que vous pourriez imaginer. Elle va bousculer les modèles économiques, bien évidemment, mais aussi faciliter l’émergence de nouveaux acteurs, dont je vous laisse imaginer la forme et la feuille de route.
Sky is the limit…
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec












