Maduro, nous voilà
Qui regrettera Nicolas Maduro ? À part Jean-Luc Mélenchon et sa clique, plus quelques fauteurs de trouble de dimension internationale, je vois peu de démocrates – j’entends des vrais, hein, des qui luttent contre les salopards, pas des démocrates de pacotille qui crient au scandale quand on bouscule le Hamas ou le Hezbollah – susceptibles de verser une larme après le départ de Nicolas Maduro, suite à une spectaculaire opération commando américaine, dont on attend l’adaption au cinéma dans les prochains mois – genre Donald à Caracas.
Alors bien sûr, le concert des nations s’élève contre cette brèche majeure dans le droit international. Ces gloussements me semblent assez sordides. Ce sont probablement de ces gloussements qui devenaient des cris de joie au retour de Daladier et Chamberlain, émis par cette catégorie d’individus qui préfèrent laisser un pays livré à un dictateur plutôt que de se réjouir de le voir trébucher.
Faut-il s’enthousiasmer pour autant ? Il n’est pas certain que Donald trump ait réellement pour objectif de rétablir une démocratie totalement fonctionnelle à Caracas. Il s’agit tout au plus de se débarrasser d’un individu gênant dans le jeu de culbuto mondial. En invitant des responsables chinois à faire le tour du propriétaire, le Venezuela, qui exporte plus de la moitié de son pétrole vers la Chine – tout en ne représentant qu’un faible pourcentage de la consommation chinoise en hydrocarbures – n’était probablement pas prêt à s’aligner sur la politique extérieure des Etats-Unis.
Le costume de narco-trafiquant dont on a affublé le malheureux Maduro était certainement un peu trop grand pour lui. Mais à trop vouloir jouer les champions de poker sans avoir réellement les cartes pour cela, il a fini – au bout d’une décennie quand même – par se brûler les doigts. En cela, il n’est pas le seul, d’autres figures – au sens propre comme au figuré – légendaires du continent américain ont connu un sort similaire, tel Noriega à la fin des années 80. Maduro n’est que le dernier gagnant au jeu Qui veut perdre des millions…
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec

















