Loana

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J’utilise souvent un passage du Prince de Machiavel, pour classer les êtres humains en trois catégories : ceux qui comprennent par eux-mêmes, ceux qui comprennent si on leur explique, et ceux qui ne comprendront jamais. J’ai le plaisir de figurer dans la seconde catégorie, j’ai eu la chance de rencontrer pas mal de représentants de la première, et bien entendu, ceux de la troisième sont, hélas, majoritaires. Il me semble, pourtant, que Loana n’appartient à aucune de ces trois catégories, qu’elle comprenait, mais faisait semblant de ne pas comprendre.

Loana est devenue officiellement la première victime de la téléréalité, ce terme étrange qu’on pourrait croire construit sur la contraction de « télévision en temps réel », prenant un sens bien moins dérisoire que sa tournure française. Mais de quelle réalité parle-t-on ? De la réalité reflétée par des caméras branchées en permanence sur une bande de jeunes venus faire du voyeurisme ? Ou de la réalité de millions d’individus, dotés d’une curiosité malsaine, qui les a poussé à voir et revoir des séquences qualifiées de culte, mais qui n’ont aucun sens à l’échelle de l’espèce humaine. En témoigne cette émission de Cyril Hanouna, qui reparle d’une de ces séquences, presque vingt ans plus tard.

Loft Story, et particulièrement la séquence de la piscine ont donc consacré la célébrité de cette pauvre fille, dotée de la plastique qu’il fallait pour faire décoller cette émission sortie inspirée par une émission néerlandaise au titre bien plus explicité, Big Brother. Telle une héroïne de Zola, elle aura laissé une trace durable dans l »esprit graveleux d’une majorité d’hommes de sa génération.

Rien de plus.

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