The art of deal (bis)
Vous vous souvenez surement des violentes attaques contre TikTok aux Etats-Unis, et la menace d’interdiction d’opérer sur ce territoire nord-américain ? Tout cela avait débuté sous le mandat de Joe Biden, en 2024, avec un ultimatum adressé à la maison mère de TikTok, la société chinoise ByteDance, ultimatum qui tombait à échéance le 19 janvier dernier. Et cela s’est achevé par un deal qui ressemble plus à un marché de dupes qu’à autre chose. Mais ça, peu de médias français l’ont mentionné.
L’affaire s’est en effet conclue sur un accord de cession de TikTok US, où ByteDance ne conserve qu’une participation minoritaire de l’ordre de 20%, une paille… et où un consortium d’investisseurs a pris le contrôle : Oracle, impliqué dans l’hébergement des données sur le territoire américain, le fonds technologique américain Silver Lake, le fonds émirati MGX spécialisé dans l’IA, et d’autres investisseurs comme Michael Dell apparemment.
Ce qui est encore plus intéressant, c’est le prix payé pour l’acquisition de TikTok US. Dites un prix pour voir.
100 milliards ? Non
70 milliards ? Non plus.
Non, beaucoup moins que ça.
14 milliards de dollars.
Une bouchée de pain. À peine un peu plus qu’une année de chiffre d’affaire. Pour une société de tech, avec une croissance forte et des revenus aussi importants, ça laisse songeur. Souvenez-vous du prix payé par Elon Musk lors de l’acquisition de Twitter : plus de 40 milliards de dollars, pour une société qui réalisait environ 5 milliards de revenus, et dont la rentabilité était fluctuante…
Bref, dans le débat actuel autour de l’usage des réseaux sociaux par les jeunes, je me demande si le gouvernement – et le chef de m’état, à la manoeuvre derrière cette idée un peu saugrenue – ne devrait pas adopter une autre posture, et se lancer dans une négociation féroce contre TikTok, en menaçant ByteDance de voir ses services filtrés s’ils ne cèdent pas leur filiale française à un consortium d’entreprises et de financiers, disons au hasard OVH, Bernard Arnault et un fonds stratégique, genre de fonds French Tech pays basque.
Tout ça supervisé par Yann Le Cun et quelques autres pointures de la tech française.
Et contrôlé par les cadors de la Fédération Française de bras de fer.

Ça aurait de la gueule, non, plutôt que de jouer les méchants surveillants sur les réseaux sociaux ?
Allez, j’ai confiance dans ce gouvernement, après tout, le big boss est un ancien de Rothschild, non ?
Et si le deal se réalise, souvenez-vous bien de qui vous en a parlé le premier…
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec

















