Le président qui avait des pellicules

A l’occasion du premier anniversaire de son élection, la presse dans son ensemble a dressé un bilan de l’action du président de la République. Entre panégyriques et analyses critiques, on en trouve à peu près pour tous les goûts. Il faut dire qu’Emmanuel Macron, plus jeune président de la cinquième république, a tout pour plaire ou déplaire. Jusqu’à ce petit défaut capillaire, récemment mis en évidence par Donald Trump: le président aurait des pellicules…

En soi, ce n’est pas un problème. En France, une personne sur deux aurait des pellicules, que ce soit à cause du stress, de problèmes hormonaux, d’une maladie de peau, des changements climatiques ou de la pollution. J’en suis moi-même victime depuis mon plus jeune âge, comme certains de mes lecteurs et de mes lectrices, peut-être, et il n’y a rien de honteux à cela. Les pellicules, ce n’est pas contagieux, cela ne relève d’aucun problème d’hygiène. Tout au plus, cela fait quelque peu négligé sur un costume sombre, et quand on sait qu’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaire, a dû porter pas mal de costumes sombres, on se dit que s’il en avait vraiment, il les époussetterait lui-même….

Oui, mais c’est la première fois qu’on voit un tel phénomène toucher un président français. Ce ne sont certes ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac, ni Valéry Giscard d’Estaing, tous trois chauves lorsqu’ils accédèrent à la magistrature suprême, qui auraient eu à subir un tel affront. Pompidou, avec ses cheveux gominés vers l’arrière, pouvaient cacher ce qu’il voulait. Charles de Gaulle, quant à lui, était trop haut – et trop hautain? – pour qu’un autre président se prête à ce petit jeu: du reste, il bénéficiait de l’avantage que confère la télé noir et blanc dans de telles occasions.


Vous imaginez un moment Ben Gourion épousseter l’épaule de Charles de Gaulle?

Avec Nicolas Sarkozy et François Hollande, c’est différent. Tous deux se teignaient les cheveux, et on comprend mieux, à présent, l’importance des frais de coiffeur du second. Au-delà de la couleur, il fallait sans doute fixer les petits morceaux de peau sèche qui auraient pu induire le doute…

Mais avec Emmanuel Macron, un doute s’est installé. Le Président de la République peut-il avoir des pellicules comme tout le monde? S’agirait-il d’une opération de comm’, pour annihiler l’effet détestable de la sortie de son prédécesseur – Emmanuel Macron, c’est le président des très riches – en montrant à la face du monde que tel un étudiant à court de shampoing ou un quadragénaire en proie aux crises existentielles les plus extrêmes, notre président souffrait d’un déficit d’hydratation capillaire? Je n’ose y croire.

En repassant les images de cette séquence, une autre explication a pris forme. On se souvient de l’humiliation que notre PR avait fait subir à Donald Trump lors de leur première rencontre, cette poignée de main interminable où Emmanuel avait mis Donald KO au bras de fer. Il était certain qu’un jour où l’autre, le président milliardaire chercherait à se venger. C’est désormais chose faite: le roi des Fake News vient de distiller le mensonge le plus éhonté qui soit sur notre président, en insinuant qu’il avait des pellicules: car c’est bien connu, Emmanuel Macron n’a pas de pellicules.

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A propos de Herve Kabla

Hervé Kabla, président de Else & Bang, cofondateur de The Daily Finance et de la série des livres expliqués à mon boss avec Yann Gourvennec.

Une réponse à “Le président qui avait des pellicules”

  1. Intéressant cours de communication. Où l’on voit qu’il faut au moins un QI de 220 pour saisir ce qu’il se passe dans le monde.
    La pellicule expliquée à mon boss.

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