Au bout des doigts

Pas facile, ce premier mouvement du 2ème concerto de Rachmaninov. Surtout quand il s’agit de le jouer pour la première fois de sa vie, en public, durant un concours international. Et qu’on n’a eu que quatre mois pour travailler la partition. Mais qu’importe, le jeune Mathieu, petit voyou de banlieue pris en flag mais grand amateur de claviers, pris sous la protection du directeur du conservatoire national supérieur de Paris, va relever le défi. C’est mignon, mais en termes de scenario, ça ressemble à toutes ces histoires de talent caché et de rédemption vertueuse, comme on en a vu tant depuis Rocky.

Ce qui manque à ce film, c’est ce que Kristin Scott-Thomas demande fort justement au jeune pianiste de mettre dans son interprétation: de l »émotion. Le jeune Benchetrit a beau avoir un joli sourire, Lambert Wilson s’emporter et la belle Kristin jouer la prof pimbêche, on a l’impression de nager dans un océan de clichés sur l’apprentissage du piano. Quel dommage. Et quel dommage de ne pas avoir confié le rôle principal à un jeune pianiste, un véritable virtuose.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Au bout des doigt se laisse voir. Les films autour de la musique classique ne sont pas si fréquents, et écouter Rachmaninov deux heure durant vaut bien de passer un peu de temps devant un écran, avec les simagrées de Lambert Wilson, et le jeu un peu superficiel de Jules Benchetrit.

Un film sponsorisé par BNP Paribas, et dont plusieurs scènes ont été tournées à la Seine Musicale.

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A propos de Herve Kabla

Hervé Kabla, président de Else & Bang, cofondateur de The Daily Finance et de la série des livres expliqués à mon boss avec Yann Gourvennec.

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